Un Printemps à Shanghai

24 octobre 2009

La Chine : ce qui va me manquer... Ou pas !

Ce qui va me manquer 

1. La gaité des chinois

Ils sont parfois trop francs, certes, mais qu’est-ce qu’ils sont joyeux ! Et hop une tape dans le dos à un inconnu, un fou rire parce qu’on ne se comprend pas… La gaité est une qualité aussi rare qu’appréciable. 

2. Huan ling guan lin ! Xie xie guan lin !

Dès que l’on rentre dans un magasin ou un restaurant, on est tout de suite accueilli par le « bienvenue ! » collectif et dynamique des employés. Surprenant au départ, mais tellement plus agréable qu’un « B’jr » laché par obligation et dépit. 

3. Le luxe

Moi, attachée au confort matériel ? Mais non voyons, je ne suis pas superficielle. Mais bon, avoir un 50 m² sublime en plein cœur du centre-ville, être soulagé des corvées ménagères grâce à une ayi, se déplacer en taxi pour un oui ou pour un non… tout ça, et bien quand même, on s’y habitue. 

4. Les orages

Ces lourds orages d’été, qui menacent toute la journée, et qui ne décident d’éclater qu’au moment où l’on sort du bureau pour se rendre chez soi. Et oui, cela semble fou, mais cela va me manquer ces trombes d’eau quotidiennes. Car finalement, il n’y a rien de plus joyeux qu’un orage d’été. S’il pleut trop fort, on se réfugie un moment sous un abri où d’autres nous ont précédés et l’on regarde amusé les passants. L’un, bien protégé sous son parapluie, hâte le pas, un autre prend son temps car il ne peut pas être plus trempé. Et lorsqu’une accalmie se dessine, on rentre à notre tour, heureux de se retrouver au sec dans notre petit chez soi.

Bon ça c’est la version poétique. On peut aussi se retrouver mouillé de la tête au pied à héler le 50ème taxi qui vient de nous passer devant, ce qui fait qu’on a déjà 30 minutes de retard à l’évènement évidemment important. 

5. Attendre

J’ai un défaut désagréable car j’y suis sans cesse confrontée : je suis extrêmement impatiente. Faire la queue, attendre quelqu’un,… tout ça m’agace très vite. Mais pas en Chine. Il y a toujours quelque chose à regarder autour de soi : une ayi fait son taï-chi, un courageux pédale à vélo tirant derrière lui un chargement démesuré, un homme répare habillement un vélo… Tout est sujet à distraction. Ce qui fait que finalement, c’est moi qui suis en retard. 

6. Les bébés

Mis à part les (nombreux) moments où ils se soulagent devant nous dans la rue, travail facilité grâce à leur pantalon fendu, les bébés chinois sont trop trop mignons. Ils ont toujours une bouille avec des joues incroyables. 

7. Mes amis

En dernier point, mais en première place en terme d’importance. L’inconvénient lorsqu’on vit un certains temps à un endroit, c’est que l’on crée des liens d’autant plus fort qu’on est à l’étranger. Même s’il est plus facile d’être dans la position de celui qui part pour retrouver son pays, c’est toujours avec un petit serrement au cœur qu’on quitte ceux avec qui on a passé de si bons moments. 

 

Ce qui ne va pas me manquer 

1. L’individualisme

La Chine est sujet à un étrange paradoxe : l’individualisme est roi dans ce pays ultra-communiste. Cela doit être lié à une population tellement importante que la survie est de rigueur. Conséquence : on est sans cesse bousculé dans la rue, ignoré par son voisin de palier, on doit se battre chaque matin pour pouvoir rentrer dans l’ascenseur, et il est nécessaire de se boucher les oreilles dans le train tellement le voisin parle fort. Mine de rien, je ne m’y suis toujours pas habituée au bout de six mois. 

2. Les expatriés

Pas tous biensûr. Mais j’en ai rencontré tellement qui se croyaient les rois du monde ! Sous prétexte qu’ils gagnaient bien leur vie et qu’il pouvait s’offrir un costume, ils se permettaient de critiquer les chinois à longueur de journée. Ou bien de parler d’eux-même. En disant le plus grand bien évidemment. 

3. Les avions

TOUJOURS en retard. 45 min minimum. Je crois que je n’ai pas besoin de préciser.

 

Et voilà, dernier post de mon deuxième blog qui ne sera sans doute pas le dernier.

Bye bye Shanghai, bienvenue les nouvelles aventures !

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12 octobre 2009

Petites anectodes chinoises en vrac

1. Chaud/Froid, Froid/chaud

Shanghai est une ville où la climatisation semble vitale. Lorsqu'il fait 6°C, il fera 40°C dans les magasins et bureaux, et inversement, en été, on passe du sauna au pôle nord lorsqu'on pénètre dans tout intérieur où les personnes ne sont même pas effleurées par une vague conscience écologique. Au point qu'on est glacé par le froid dès se situe à quelques mètres d'un magasin dont la porte est ouverte, et arrosé régulièrement par les gouttes de condensations des climatiseurs installés en hauteur.

2. Des fruits, des fruits !

Copie_de_DSC04232C'est simple, en Chine, on trouve des marchands de fruits partout, à chaque coinCopie_de_P1010023 de rue, et même dans les aéroports. Les plateaux sont souvent magnifiques : sur un lit de feuilles s'amoncellent une multitude de pommes, pêches ou autre fruits plus originaux et sublimes comme les litchis ou les nénuphars. Et la star de l'été est incontestablement la pastèque. Partout, les vendeurs se spécialisent dans ce fruit qui est extrêmement apprécié pour ses qualités hydratantes et rafraichissantes. Bon, j'avoue qu'au bon d'un moment, à force de la manger en entrée, dessert et de la boire en jus, moi, j'en avais raz la pastèque.

3. Supermarché et bave de crapaud

Copie_de_DSC04661Mon appartement avait le mérite d'être bien situé. On trouvait à proximité, toutesCopie_de_DSC04660 commodités : salle de gym, restaurant chinois et expat, coiffeur, marchands de fruits... et supermarchés. Ce dernier était juste en dessous de mon immeuble, et j'y trouvais (presque) tout ce que je voulais : céréales, lait, yoghourts. Et aussi : crapaud, anguille. Je ne sais pas pourquoi, cela ne m'a pas inspiré pour de nouvelles recettes.

4. La sieste : le 7ème art

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Ayant pourtant une longue expérience dans le domaine (c'est un héritage familiale), je ne peux que m'incliner devant la facilité qu'ont les chinois à faire la sieste. Partout, tout le temps, et dans des positions qui semblent pourtant parfois très inconfortables, il ne faut pas laisser le moment s'échapper : on dort. Et ça, c'est une grande force.

5. Suremploi

En Chine, comme au Japon, j'ai été stupéfaite par le surnombre d'employés. Au restaurant, j'étais d'abord gênée, puis j'ai fini par m'habituer à ce que 4 personnes s'affairent autour de nous pour nous servir. A l'aéroport, là où en France, une personne déchire le ticket et consulte notre pièce d'identité à l'embarquement, en Chine, on va avoir : un employé qui prend le ticket, le suivant qui le déchire, un troisième qui marque un trait (au cas où le fait de découper n'était pas suffisant), et un dernier qui vérifie la carte d'identité. 4 personnes pour China Estern Air Lines contre 1 pour Air France. Et c'est comme ça partout.

6. Economie d'eau sur les shampoings

Si l'on souhaite une coupe de cheveux, la phase shampoing se fait aussi devant le miroir. Pas de bac, ici, la personne reste assise. On vaporise la tête avec un peu d'eau et on shampouine directement en massant la tête. Pour le rinçage, hop, un petit coup de vaporisateur de nouveau, et on sèche les cheveux. Étrange.

7. La Star attitude

Bon, à Shanghai il y a de nombreux étrangers, mais dès qu'on s'enfonce un peu dans la campagne, c'est de moins en moins le cas. Et les chinois apprécient et nous prends tout le temps en photo ! A Pékin, ma cousine blonde aux yeux bleus s'est fait photographier 9 fois pendant la visite de la Cité Interdite...

8. La culture du franc-parler

Non, les chinois ne parlent pas français. Ils sont juste francs. Très francs. Lors d'une balade avec un de mes collègues ayant un peu (beaucoup) de ventre, un chinois l'a interpelé en lui demandant combien il pesait. "Mais tu es ENORME ! Comment fais-tu pour être aussi gros ? Tu te nourris mal ?". Heureusement qu'il avait beaucoup d'humour. De mon côté, alors que je tapais gentiment à l'ordinateur (en t-shirt à manche courte), une de mes collègue s'arrête, observe mes bras, et s'exclame : "Mais tes bras sont horriblement poilus, ce n'est pas beau ! Tu ne peux rien faire pour les enlever ?". (Note de l'auteur : bon, certes j'ai des poils sur les bras mais je tiens à souligner que les chinoises sont TRES PEU poilues !!!). Bon, en même temps, c'est toujours mieux que l'hypocrisie. Quoi que.

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13 septembre 2009

Voyage au Pays du Soleil Levant

  • Le départ

Six mois déjà ont passé et mon stage à Mercuris se termine. Avant de rentrer en France, je me suis accordé six jours. Six jours durant lesquels je souhaitais à tout prix visiter le Japon. Mon aller-retour à Hong-Kong m'ayant permis d'obtenir plusieurs entrées pour mon visa, c'est décidé : je pars.

Grâce à une (très grosse) aide de mes parents, qui m'ont notamment porté secours pour le choix du parcours et les réservations diverses et variées, tout est plus ou moins planifié et me voilà dans l'avion.

Pendant que celui-ci décolle (miraculeusement à l'heure, je tiens à le préciser), je m'interroge sur ce que je sais de ce pays si particulier. Au final, pas grand chose, si ce n'est évidemment les événements de la seconde guerre mondiale et la carte du Japon, apprise par coeur pour le bac et oubliée le jour d'après. C'est en vérité un pays qui m'attirait assez peu jusqu'à ce que ma mère s'y rende, et remporte avec elle des souvenirs d'un voyage incroyable dans un pays au raffinement extrême. Mon séjour passé en Chine renforce ce désir de connaître cet endroit si proche géographiquement, et pourtant, possédant une culture si différente.

Arrivée à l'aéroport, je change ma monnaie chinoise contre des yens, dont je n'aurai toujours pas compris la conversion en euros au bout de six jours. Je grimpe dans le bus, direction : centre-ville de Tokyo.

  • Premier aperçu de la capitale

Mon hôtel me semble peu éloigné de l'endroit où me dépose la navette, et je décide de m'y rendre à pied. Juste avant mon départ, mes collègues chinoises s'étaient extasiées devant la perspective de mon voyage. "Tu vas vois, les japonais sont à la pointe de la mode !". Cette phrase me revient à l'esprit dès mon 

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immersion dans Tokyo. "A la mode" n'est pas l'expression juste, puisqu'on pourrait penser à une homogénéisation des styles vestimentaires. Ici, c'est tout le contraire ! En quelques minutes, j'ai déjà vu passer des jeunes hommes et femmes aux looks complètement différents ! Une jupe d'écolière aux chaussettes bleues marine montantes, un minishort associé au t-shirt flashy et aux vieilles baskets, unebelle robe avec des talons hauts, ou encore un style tout à fait gothique. Rien ne se ressemble. Et au milieu de ce mélange de genre, deux jeunes filles merveilleusement vêtues du costume traditionnel. Le tout est incroyablement gai.

Arrivée à mon hôtel, je dépose mes affaires et file à la découverte de Tokyo, non sansCopie_de_DSC04669une sieste préalable et nécessaire... Ne restant qu'une après-midi, je décide de restreindre ma visite aux quartiers ouest, le reste de la ville faisant partie de mon programme pour le retour. J'arpente ce qui ressemble au quartier des affaires. De très jolis bâtiments modernes se côtoient. Grande différence avec Shanghai : les trottoirs sont larges, et la végétation omniprésente et incroyablement bien entretenue. Deuxième constatation : il m'arrive de monter... et de descendre. Je réalise alors que Shanghai est complètement plat, ce qui fait d'ailleurs mon bonheur à vélo.

Copie_de_DSC04716Petite balade sur les terrasses de Shinjuku, larges esplanades qui surplombent la voie ferrée, puis je prends le métro pour me rendre dans le quartier de Roppongi. Je me dirige, très sûre de moi, un peu fière même, vers la station. C'est que j'ai connu le métro de Shanghai moi ! Je déchante très vite lorsque se dresse devant moi le plan. C'est simple, j'ai l'impression de me trouver face à un dessin humoristique où l'on a considérablement exagéré la multiplication des trajets. Coup d'oeil désemparé autour de moi. J'aperçois alors un employé qui, miracle, parle anglais. Il m'indique très gentiment la bonne station et me voilà dans le quartier voulu.

Copie_de_DSC04698La nuit est tombée, et c'est justement les rues de Tokyo connues pour leur vie nocturne. Toutes les enseignes rivalisent de taille et de couleur pour proposer des happy hour ou menus à prix attractifs. Attirée par un petit établissement japonais, mon estomac y traîne mes pieds jusqu'à l'intérieur. J'y suis accueillie par des cris de bienvenue (enfin, j'espère... Ils auraient tout aussi bien pu me dire "va-t-en, on ne veut pas d'étrangers", je me serais quand même assise avec un sourire niais). La salle est étroite, et on m'installe au bar, Copie_de_DSC04702où s'agitent les cuisiniers avec une extrême agilité. Plutôt que de commander des sushis, je désigne la photo d'un grand bol couvert de sashimi (poisson cru). J'ai juste le temps d'observer la rapidité avec laquelle un cuisinier prépare un sushi, et me voilà servie. Ce qui ferait le malheur de certains (Julie, petite pensée pour la viandarde que tu es ; Laurène, ne t'inquiète pas, ils ne sont plus vivants) fait mon bonheur...

Je me dirige ensuite vers les Roppongi hills. Je m'attends, un peu comme au Victoria Peak, à Hong-Kong, à grimper un peu pour voir apparaître une superbe vue de Tokyo. C'est en réalité un énorme complexe, très joli, où se trouvent les magasins des marques les plus connues. L'ambiance est à la flânerie et au divertissement... Gai et sympathique.

Je retrouve mon lit avec bonheur pour un réveil matinal le lendemain, direction : Hakone.

 

  • Hakone, ou la ville où l'on est censé voir le Mont Fuji

Copie_de_DSC04723Le trajet pour me rendre jusqu'à mon hôtel est assez long : 30 min de métro puis deCopie_de_DSC04728 train, suivit d'une heure de bus. Celui qui mène au lac est tout aussi compliqué, avec bus + funiculaire + téléphérique + ferry ! Et là, grosse déception : impossible de voir le Mont Fuji. A la place s'étend une nappe de brume épaisse et très agaçante. Je suis frustrée, mais très vite apaisée par la beauté du lac et de ses alentours. Ancien volcan, la montagne s'est creusée pour donner naissance à une immense étendue d'eau.

Copie_de_DSC04741J'aperçois le départ d'une randonnée. 40 min ? Bon, je suis en claquette et en sacCopie_de_DSC04747 Longchamp mais bon, pourquoi pas. Je m'enfonce alors dans une forêt de bambous, jolie, certes, mais un peu trop sombre à mon goût. Et puis c'est quoi tous ces craquements autour de moi ? Mais bon, c'est ridicule, me dis-je, et je fais un pas de plus - qui sera le dernier dans cette direction. Un énorme serpent (bon d'accord petit) se faufile à quelques millimètres de mes orteils qui se contractent instinctivement. Copie_de_DSC04751La bête passe nonchalamment et s'éloigne. Tétanisée pendant ce court instant, je prends alors mes jambes à mon cou (j'aurai bien aimé que l'expression soit vraie d'ailleurs, pour ne plus toucher le sol) et repars en hurlant vers le lac. La suite de ma randonnée se limitera à une très belle balade autour du lac (sur sol goudronné...), offrant une succession de vues sublimes sur les rives verdoyantes. Tant pis pour le Mont Fuji, je repars en bus à mon hôtel.

J'expérimente alors avec bonheur les onsens, ces bains d'eaux chaudes collectifs issus de la géothermie. J'avais fort heureusement pensé à prendre un maillot... qui s'est avéré totalement inutile ! Et oui, ces sources (non mixtes) font l'objet d'une hygiène scrupuleuse : lavage totale avant le bain, et maillots interdits ! Chacune s'enfonce donc sans pudisme (et elles ont bien raison) et avec délectation dans ces eaux presque brûlantes. A mon tour je les imite et découvre le bonheur de relaxation que d'être immergée dans cette eau pure dehors, en plein milieu de la végétation.

Totalement détendue, je m'offre un dîner de sashimis avant d'aller dormir.

 

  • Kyoto - la quintessence de l'art japonais

Me voilà de nouveau dans le Shinkanzen. Je ne vous en ai pas encore parlé ? C'est une sorte de TGV, mais beaucoup plus rapide que la version française ! Rien qu'en attendant sur le quai, je suis saisie de voir (ou plutôt, d'apercevoir furtivement) la vitesse de ce train ! J'ai l'impression d'être dans un film en accéléré...

Copie_de_DSC04841Deux heures après, me voici à Kyoto. Mon logement est un Ryokan, auberge japonaise, où je découvre la chambre avec joie. D'un style totalement dépouillé, la chambre possède uniquement ce qui un nécessaire. Un futon, posé à même le sol, et une table basse avec l'indispensable service à thé. Bien entendu, toute chaussure est interdite. Dès l'entrée de l'hôtel, on nous remet de confortables chaussons. Une fois mes affaires déposées, je pars à la découverte d'un premier temple : Kinkaku-ji, le Pavillon d'Or.

Je traverse Kyoto en bus et je suis surprise de voir que la ville est tout simplement... moche. Cela me surprend d'autant plus que je sais qu'elle renferme des bijoux. Mais le développement de la ville a supplanté tout esthétisme. De temps à autre, incroyable, surgit de ce flot de béton un temple en bois tout simplement sublime.

Copie_de_DSC04768Me voici arrivée. Je pénètre une jolie porte en bois et me trouve immergée dans uneCopie_de_DSC04769nature particulièrement jolie et entretenue. Rien que le ticket d'entrée est une oeuvre d'art. J'accède ensuite au Pavillon d'Or, sublime structure en bois dont les façades dorées contrastent magnifiquement avec le bleu du lac sur lequel il est construit et le vert de la nature qui l'entoure. Le reste du jardin est tout aussi magnifique et soigné. A noter la présence d'une balayeuse habillée avec soin, et extrêmement âgée... Tout comme en Chine, je suis sidérée de voir de si vieilles personnes encore travailler.Copie_de_DSC04786Spécificité asiatique? Oh que non, en Californie, j'ai aussi vu des personnes d'un autre âge répéter inlassablement les mêmes gestes aux caisses du géant Wall Mart... Notre système français a beau avoir de nombreuses lacunes, ce sont des choses qu'on n'observe pas dans notre pays.

Copie_de_DSC04830Après ces pensées patriotiques, je me rends au Ryonki-ji. Et tombe amoureuse de l'endroit. Un immense lac couvert de nénuphars fait le bonheur des hérons et canards. En hauteur se trouve le temple de Ryonji auquel on accède par de sublimes allées. Je découvreCopie_de_DSC04821 alors le symbole zen le plus connu du Japon. Un rectangle, couvert de graviers blancs finement ratissés, laisse place de temps à autre à 15 rochers éparpillés, aux formes et tailles diverses. Malgré l'absence de toute végétation, ce lieu représente la nature, dans sa forme la plus épurée.

Retour à mon Ryokan où je me délasse avec bonheur dans un onsen, sans charme, mais où je connais le bonheur d'être seule dans un bain naturel géant. Finalement, le luxe de ces bains collectifs, c'est quand il n'y a personne.

Copie_de_DSC04886La journée du lendemain est intense en visite. Je débute par la découverte du Palais Impérial, situé au coeur d'un parc immense. Indéniablement joli, mais le charme est rompu par l'obligation d'une visite collective. C'est donc avec une cinquantaine d'autres touristes que j'arpente les lieux impériaux.

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La visite du Château Nijo n'est pas nécessairement guidée. Le véritable intérêt du site réside dans les pièces du Château. Les meubles ont été retirés et l'on découvre les magnifiques peintures murales. Bonzaïs, tigres, hérons, tout ici rappelle la nature et les dessins sont d'une finesse remarquable.

Copie_de_DSC04939Je reprends le métro pour me rendre au sanctuaire Heian. Le temple est plus récent et nettement plus touristique, mais possède certains charmes... Chaque colonne est d'un rouge vif très gai, et de faux arbres faits de branches portent d'innombrables feuilles blanches pliées, chacune ayant été accrochées là de manière à voir une prière se réaliser.

Après un furtif passage au Handicraft Center rassemblant des boutiques présentant les différents artisanats japonais (kimonos, sabres...), je me rends au temple Kiyomizu-dera, "eau propre" en japonais.Copie_de_DSC04964

Copie_de_DSC04957Comme il se situe sur les hauteurs de Kyoto, il faut, pour y accéder, grimper une rue étroite incroyablement gaie et animée, où les écoliers se régalent de bonbons japonais ou autres friandises. Le temple est une pure merveille. Au coeur de la forêt, entièrement en bois (sans un seul clou), il offre une vue sur l'ensemble de la ville. Je traverse la terrasse enCopie_de_DSC04981 observant les extraordinaires charpentes, avant d'aller boire l'eau de la source sacrée. Chaque louche est stérilisée par UV après usage ! Maman, je t'imagine exécuter ce geste quelques années plus tôt.

Retour au Ryokan, délicieux onsen et dodo.

 

  • Petite parenthèse sur le petit-déjeuner japonais

Qui dit Ryokan, dit petit-déjeuner à la japonaise ! Ayant lutté pour gagner une heure se sommeil en plus (les japonais suivent de près l'adage "la vie appartient à ceux qui se lèvent tôt", et le repas du matin débute à 7h...), je rejoins la salle où l'on prend les repas.Copie_de_DSC04864

Copie_de_DSC04865A l'image de la chambre, la salle est complètement épurée. Je me déchausse et pénètre dans une salle vide. Sur le sol, seul un coussin et une petite table, placés au centre de la pièce, et faisant face à une fenêtre entrouverte. Tout en dégustant soupe miso, riz, poisson cru et tofu, le tout biensûr accompagné de thé vert, j'observe le magnifique bâtiment moderne qui me fait face. Et oui, les petits-déjeuners japonais, comme ceux des chinois, sont de véritables repas !

  • Retour à Tokyo

J'emprunte de nouveau le Shikanzen, et en 2h40 seulement me voilà à Tokyo.

Copie_de_DSC04997Le quartier dans lequel est situé mon Ryokan est extra. Une allée très touristique, succession de boutiques à souvenirs (tout ce que j'aime), mène au temple Senso-ji. Et lorsqu'on s'éloigne un peu, on redécouvre le Tokyo d'origine avec ses ruelles entrelacées et ses vieux logements plein de charme.Copie_de_DSC05005

Après avoir longtemps flâné au hasard dans ce quartier, je me dirige vers le parc Ueno, le plus grand de Tokyo. Le plus grand sans doute, mais pas le plus extraordinaire. Il est assez classique et loin de la délicatesse des véritables jardins à la japonaise. Seul le Copie_de_DSC05017lac est incroyable. Il est entièrement recouvert d'un immense tapis de nénuphars en fleur. (Au passage, pour en avoir déjà dégusté les fruits : ils sont très beaux, mais sans goût).

Retour au Ryokan où je profite encore une fois avec délice d'un onsen, avant d'enfiler mon yukata, pyjama japonais en coton aussi gracieux que confortable.

Nouveau petit-déjeuner japonais. Même le matin, j'apprécie le saumon et la soupe miso, mais délaisse le riz blanc (je commence à saturer) et les condiments, légumes finement coupés et très vinaigrés qui font le régal de japonais - nettement moins le mien.

Copie_de_DSC05027Puis je pars à la source de mon petit-déjeuner : le marché aux poissons. Il est à peine 9h, mais tout le monde est réveillé depuis longtemps déjà, et s'active dansCopie_de_DSC05030tous les sens. Le marché est tout simplement extraordinaire. Logé dans un hangar immense, on y trouve tous les produits de la mer possibles et imaginables, des coquillages aux poissons qui pourraient faire la taille d'un boeuf. Bon d'accord, d'un veau. Fille et soeur de grands pêcheurs (je suis obligée de préciser "grands" car je sais qu'ils liront ce post), je marche fièrement entre les têtes de poissons, même pas dégoutée. Mais j'ai tout de même eu un léger haut-le-coeur quand un poissonnier attrape sa proie vivante (pour peu de temps), et vlan, d'un geste rapide et précis tranche la tête de sa victime qui vient rouler sous mes pieds. Sous le regard de son oeil triste (autant que peu l'être un regard de poisson mort), j'ai soudain un peu de compassion pour ses nombreux confrères que j'ai dévoré sans Copie_de_DSC05038scrupule à tous mes repas.Copie_de_DSC05040

Fort de ces émotions, je me balade ensuite dans le quartier très chic de Ginza, où j'admire les immeubles des marques incontournables (Gucci, LVMH, Emporio Armani...), avant de me poser longuement dans un Starbuck pour regarder passer les gens tout en dégustant mon thé. C'est aussi ça les vacances.

Copie_de_DSC05037Petit passage devant le sublime théâtre No, et je retourne faire quelques achats dans le quartier où se situe mon Ryokan. Je profite du début de soirée pour meCopie_de_DSC05051rendre dans le quartier moderne et fashion. Une foule de jeunes aux looks de tous genres arpentent ces rues incroyablement animées. Partout, du bruit, de l'animation, des écrans géants et des enseignes clignotantes. C'est surtout ça Tokyo, la modernité.


  • Retour à Shanghai

Petit onsen matinal et je me balade une dernière fois dans le quartier de Senso-ji. Je ne m'en lasse pas. Il est vendredi matin et une multitude d'écoliers investissent les lieux et délaissent la visite du temple pour les petites boutiques proposant bonbons et souvenirs. Il est temps, je reprends le métro pour me rendre à l'aéroport, encore émue par ce pays qui m'a tant apporté.

 

  • Petit bilan sur les japonais - en vrac

1. Beaucoup parlent anglais - contrairement à ce qu'on m'avait dit. Et franchement, ça change la donne.

2. Ils font la sieste partout, comme les chinois.

3. Ils sont incroyablement respectueux, respectent les feux, attendent que les gens sortent du métro ou du bus pour y rentrer... Pas comme les chinois.

4. Ils sont fashion. Indéniablement. Et chacun dans son style.

5. Ils sont extrêmement gentils et serviables. On peut bien faire des généralités quand c'est positif, non ?

6. Ils mangent sushis et sashimis. Et ça, croyez-moi, c'est une ENORME qualité pour moi.

7. Ils ont des toilettes partout, même dans le métro, et toujours d'une hygiène impeccable. Ça, c'est fort.

8. Le meilleur pour la fin : de la même manière que les européens sourient pour dire bonjour, remercier ou s'excuser (enfin, les européens polis), les japonais eux, s'inclinent légèrement et respectueusement. Trop mignon.

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07 septembre 2009

Shanghai, la magnifique

Comme toujours, quand on vit dans un endroit un certain temps, on va visiter les coins les plus éloignés en profitant des week-ends, puis le temps passe, et finalement, on ne connaît même pas les lieux touristiquesde l'endroit où l'on vit !

Copie_de_DSC04622Je n'ai pas dérogé à la règle pendant mon séjour à Shanghai. Heureusement, deux semaines avant mon départ, mon cousin Charles vient me rendre visite depuis Pékin. Ce sera donc l'occasion parfaite de découvrir la ville dans laquelle j'ai vécu pendant 6 mois.

 

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Copie_de_DSC04584Nous filons tout d'abord le vendredi soir au View Bar. Lové au dernier étage duCopie_de_DSC04586 célèbre immeuble Hyatt, ce bar offre à mes yeux la vue la plus extraordinaire de Shanghai. Sur la gauche se dresse Pudong et son quartier d'affaire où chaque nouvelle tour tente de dépasser la voisine, ce qui donne lieu à un concours sans fin vers la verticalité. De nuit, le paysage est encore plus impressionnant car, en plus des effets de hauteur, chacune rivalise pour avoir les plus beaux jeux de lumières. Sur la droite s'étend Puxi ("xi" signifiant l'ouest, et "dong" l'est), bien plus basse, mais tellement plus grande et plus vivante. Et entre les deux, la rivière Hangpu, constamment traversée par des bateaux transportant touristes ou marchandise. La chance nous sourit : le temps est suffisamment dégagé pour avoir ce merveilleux aperçu de Shanghai.

Juste le temps de dîner et nous revoilà parti chez Lucile, une amie française, où tout le monde doit se retrouver avant de sortir. Car Shanghai, avant tout, se vit la nuit. Et il aurait été inconcevable de ne pas le faire découvrir à mon cousin !

Copie_de_Copie_de_DSC04599Direction le M1nt (prononcez Mint), boîte très VIP où il est nécessaire de connaître quelqu'un pour y rentrer. On est vite mis dans l'ambiance : dès la sortie de l'ascenseur, un gigantesque aquarium longe l'allée, contenant pas moins d'une vingtaine de requins. Bon, petits les requins, mais quand même ! Et voilà notre petit groupe installé autour du bar. Et le spectacle commence. Car le plus amusant pour moi, c'est avant tout d'observer les gens dans ce genre d'endroit. De l'immense femme blonde aux formes parfaites, à l'homme au costume impeccable portant la (vraie) montre Rolex, ce monde est fascinant. Tout le monde se croît tellement beau et intouchable, que c'est assez extraordinaire. Jalouse ? Plutôt envieuse d'un certain côté. Cela doit être agréable de s'imaginer Dieux ou Déesse de temps à autre.

Mon attention s'est portée sur une femme sublime. Accoudée au bar, une peau mate, de beaux cheveux bruns, et de grands yeux noirs mis en valeur pas un maquillage léger. Portant une robe relativement courte, elle attend, seule, portant régulièrement à ses lèvres un cocktail. De temps à autre abordée par un homme, elle est très vite de nouveau seule. Mais comment une femme si belle peut-elle sortir, comme ça, sans amis ? J'ai ma réponse assez vite. "Sais-tu comment on reconnaît une professionnelle ?" me glisse discrètement Laurent, mon coloc, à l'oreille. Et sans attendre ma réponse : "elle ne boit jamais". Et je réalise qu'en effet, en deux heures, le cocktail n'a pas diminué d'un iota. "Mmm, biensûr" dis-je rapidement pour tenter de masquer mon ignorance. Bon, Shanghai m'a aussi appris à être moins naïve.

Copie_de_DSC04602Retour tardif pour un réveil matinal : Shanghai de jour nous attend. On profite de la matinée pour visiter le musée de l'urbanisme. Petit passage par le magnifique parc de People Square pour s'y rendre. Assez succin sur l'histoire de Shanghai, le muséeCopie_de_DSC04610 présente tout de même deux étages intéressants. Au troisième niveau s'étend une immense maquette de la ville entière de Shanghai, incroyablement bien faite. Et le dernier étage présente une collection d'affiches de propagandes assez stupéfiantes... Ca me rappelle étrangement celle de mon livre d'histoire, chapitre "Le Parti Communiste en Russie"...

On ressort juste à temps pour voir éclater un gros orage. C'est aussi ça Shanghai. Tous les jours depuis le mois d'août ! On en profite pour s'arrêter déjeuner, puis repartons vers le Bund. Malheureusement, tout est en travaux en raison de l'exposition universelle et il est impossible de se promener la jetée. Seule la fin nous offre un point de vue sur Pudong, presque triste sous la pluie.

Copie_de_DSC04615Pour nous rendre de l'autre côté de la rivière, nous empruntons un mini tunnel Copie_de_DSC04618très touristique. Embarqués dans une petite navette, on assiste pendant les 7 min de traversée à un spectacle de son et lumière, très franchement (désolée maman !) bidon. Nous passons le reste de l'après-midi dans Pudong, que je n'ai (honte à moi), jamais visité ! Voir ces bâtiments de près est réellement exceptionnel. En particulier le décapsuleur, dont la forme est d'habitude si reconnaissable, change ici complètement selon l'angle sous lequel on le regarde.

Le soir, Charles et moi restons raisonnables : ce sera resto entre amis, suivit d'un dernier verre à l'appartement.

Copie_de_P1010032Le dimanche passe assez vite, mais nous laisse le temps de voir ce que je souhaitaisCopie_de_P1010038. Après un brunch (là encore, on ne peut aller à Shanghai sans gouter à un brunch !), nous visitons l'ancienne concession française. Taikang Lu en particulier, est un de mes endroits préférés. C'est un dédale de ruelles étroites et très bien conservée, aux bâtiments avec ces indémodables briques rouges, et envahit pas les bobos de Shanghai. Boutiques raffinées et galeries d'art se mêlent à des restaurants de tout genre. La présence de touriste n'enlève rien au charme de cet endroit.

 

On termine tranquillement la journée en errant au hasard dans les belles rues l'ancienne concession. Toutes bordées de platanes, elles laissent apparaître de temps à autre entre les murs de briques rouge d'anciennesmaisons coloniales noyées dans leur jardin - un luxe en plein centre de Shanghai.

DSC04641___Copie

Juste avant de rentrer, on en profite pour visiter Jin An temple qui est sur le chemin. A côté de mon appartement, je ne l'avais jamais visité ! Comme tout temple, figurines kitchs, bonne odeur d'encens ambiante, et belle architecture.

Au bilan : un excellent week-end bien rempli ! Merci cousin d'être venu ! Cela m'a permis non seulement de mieux te connaître (oui parce qu'en fait, on a beau être cousin germain, c'est la 2ème fois seulement qu'on se voyait...), mais en plus de revisiter voir de découvrir cette ville, si séduisante et aux multiples facettes.

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3 prochains posts…

Et voilà, je suis enfin rentrée en France et ce 2ème blog se termine bientôt… Mais pas tout de suite ! Encore 3 derniers petits ou long récits sont à venir :

- Visite de Shanghai (et oui, j’aurai quand même visité la ville dans laquelle j’ai vécu pendant 6 mois !)

- Séjour au Japon

- Dernières impressions de Chine

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11 août 2009

Hong-Kong

Avertissement

1. Wiwi, tu as raison, mes posts sont de plus en plus longs… Promis, la prochaine fois, j’abrège !

2. Encore une fois désolée pour le mise en page, mais Canalblog continue d'être capricieux...

Le départ

Au final, il y a toujours quelque chose à dire sur les départs. La raison du voyage, une mésaventure, ou au contraire, un trajet sans encombre.Visa_L

La raison de mon séjour à Hong-Kong (qui sera par la suite HK tout simplement parce que je suis paresseuse) est avant tout les formalités administratives. Travaillant depuis 5 mois déjà en toute illégalité en visa touriste (NB : si vous n’entendez plus parler de moi, c’est que la police chinoise a lu ce post !), il me reste encore 1 mois avant de terminer mon stage, et mon visa arrive à expiration. Après 2 extensions successives, je n’ai plus de choix, je dois sortir du territoire pour renouveler mon visa. HK est la destination idéale. Bien qu’annexé à la Chine depuis 1997, cette île bénéficie d’un statut particulier et possède sa propre monnaie, et théoriquement, un système politique démocratique. Lors de son dernier mandat, le dernier gouverneur anglais a pris soin d’instaurer un système d’élection directe. Bilan aujourd’hui ? Une démocratie, certes, mais à la chinoise. Sur 60 « élus », 24 seulement l’ont réellement été. Les autres sont comme par hasard, des personnalités très en vue par le gouvernement chinois. HK, pourtant longtemps célèbre pour ses opposants au parti et sa liberté d’expression, connaît aujourd’hui une forte influence de Pékin. Et de nombreuses personnes « à risque » ont été récemment évincées de leur poste au sein de médias d’influence…

Mais je m’égare, et j’oublie de parler du principal : moi. C’est vrai après tout, les droits de l’homme bafoués ne sont rien à côté de mes péripéties chinoises. Pour en revenir à mes moutons, me voilà à l’aéroport de Shanghai, que je commence à si bien connaître. Petite anecdote, en traînant dans une des boutiques, je découvre parmi différents aimants représentant divers symbole de la Chine… une tête de Maure ! Aucun drapeau étranger, seul celui de la Corse, c’est fou ! Arrivée devant le panneau d’affichage, tous les vols sont retardés sauf le mien ! On embarque 10 minutes plus tard, mais ça reste honorable. Une fois dans l’avion, on attend. Et on attend encore. Quand l’hôtesse nous indique que le vol est retardé –pour une durée inconnue – en raison du mauvais temps à Shanghai. Coup d’œil par le hublot : je suis éblouie par le soleil. Qu’on nous mente ne me pose pas de problème… Mais au moins qu’on nous mente bien ! 2 heures après, heure à laquelle j’aurai dû arriver, l’avion décolle enfin. J’ai opté pour la solution la moins chère, et j’arrive donc à Shenzhen, d’où je vais prendre le train pour HK. N’ayant jamais trouvé la gare, je me retrouve dans le bus. Traversée de la frontière, et mon passeport a gagné 2 nouveaux jolis tampons.

DSC04418La bonne nouvelle, c’est que le bus me laisse tout près de l’auberge. Pendant les 5 minutes qui me mène à l’emplacement, j’ai l’impression d’être transporté au cœur de New-York : les mêmes buildings, la même animation dans les rues, ça vie, ça bouge… Je suis déjà bluffée.

Bon, l’entrée de l’immeuble est assez glauque, et là, tout de suite, j’ai plus leDSC04237 sentiment d’être à Brooklyn. Après avoir gentiment refusé 15 fois montres, sacs, et autres contrefaçons (« hi Lady, please have a look, good price for you ! »), je trouve enfin l’ascenseur.

Miracle, je tombe sur un réceptionniste adorable qui m’explique que pour cette nuit, il ne reste qu’une chambre double (dont il me propose spontanément un rabais), mais qu’il n’y a aucun problème pour les autres soirs, et me donne les clés. Franchement, pour le prix, je m’attendais à pire. Certes, douche et toilette ne font qu’un (Cf. photo… Joulaïe petite pensée pour toi !), mais la chambre est propre. Je vérifie que j’ai bien tous mes documents pour refaire mon visa le lendemain, et m’endors profondément.

Ga l’air visa

DSC042401ère étape au réveil, je file prendre le ferry. Mon auberge se situe sur la presqu’île de Kowloon (appartenant à HK), mais le bâtiment d’immigration se situe sur l’île centrale. La traversée dure une dizaine de minutes, et est tout simplement magique. Similaire au Financial District de New-York, les bâtiments rivalisent de taille et d’originalité, tous arborant fièrement l’enseigne de leur compagnie.

Je trouve plus ou moins l’adresse du bâtiment. La RH de mon entreprise n’ayant apparemment pas compris la nature de son poste (cela peut sembler méchant, mais j’ai quelques raisons de lui en vouloir…), elle a payé spécialement une agence pour s’occuper de mon cas. Henry –ce très cher Henry- m’a donc donné avant mon départ l’adresse et les horaires de l’organisme qui s’occupe des visas à HK. « Aucun problème, tout le monde parle anglais (ça c’était vrai), et ton visa est près en quelques heures (ça, ça l’était moins) »... Arrivée au bâtiment donc, j’apprends que ce n’est pas du tout le bon endroit. Bon, ça commence bien. Et ce n’est que le début d’une série noire. J’arrive enfin à la bonne adresse et rempli dûment le formulaire. Je suis tout de même chanceuse, il n’y a pas grand monde. Légèrement stressée, je tends à mon interlocutrice mon dossier. « C’est bon, tout est complet, vous pouvez venir récupérer notre passeport lundi ». Ah. « Même avec la procédure d’urgence, je ne peux pas le récupérer avant ? ». « Non, pas ici, mais vous pouvez toujours essayer à Shenzhen ». Shenzhen. L’endroit où j’ai atterris, à 2h30 en bus de HK. « Heu, non, ça ira très bien, merci ». Bon, ça me fera un jour de vacance en plus, il faut juste que je change le billet d’avion. « Juste » était un peu léger à posteriori comme appréciation. D’où le titre. Car ma galère de visa a entraîné une galère d’avion. Je passerai les détails, mais après 8 heures cumulées (vendredi et tout mon samedi matin), 4 cybercafés, 11 essais de numéros différents (je vous jure que c’est vrai – vive China Easter Air Lines !), j’ai fini par atterrir (grâce à l’adresse fournie par… l’office de tourisme !) dans les bureaux de la compagnie aérienne à HK. Mon interlocutrice est d’une patience d’ange, et après 45 minutes (!!!) passées au téléphone, elle m’annonce qu’il n’y a pas d’alternative : je dois racheter un billet d’avion ! Très franchement, j’aurai préféré le savoir avant mes 8 heures de stress et mes 3kg de sueur perdus (il fait 35°C). D’autant plus qu’elle me précise qu’il vaut mieux réserver via internet –c’est moins cher… Un cybercafé supplémentaire, et le tour est joué ! Je n’ai plus qu’à espérer avoir mon visa lundi…

HK, me voici !

Malgré ces mésaventures, j’ai tout de même eu beaucoup de chance. Déjà, je suis successivement tombées sur des personnes serviables, gentilles et claires, qualités particulièrement appréciables quand on est en situation de vouloir étrangler quelqu’un. Et en plus de tout ça, cela m’a donné l’opportunité de visiter cette ville absolument incroyable…

Le vendredi après-midi, je me balade dans le quartier animé de HK central. C’est simple, j’ai l’impression d’être dans un film tourné à Manhattan. Les boutiques de luxes se succèdent les unes aux autres, et l’on croise toutes sortes d’hommes et de femmes d’affaires – tous incroyablement beaux (est-ce un critère de recrutement à HK ?) et bien habillés.

DSC04264Pour rejoindre un des marchés, je grimpe dans un tram absolument extra. Très étroit, sur deux étages, et complètement customisés avec des publicités et idéogrammes, ce sont de véritables petits chefs d’œuvre d’art moderne.

Les marchés se situent dans des petites rues, non loin de l’artère principale. ADSC04289quelques mètres à peine du luxe et de la modernité, on retrouve la typicité et la chaleur de la vie commerçante chinoise. Les ruelles étroites regorgent de vendeurs de fruits et de légumes, ou encore de poissons… découpés vivants dans le sens de la longueur de manière à voir ce que le cœur continue de battre…

Je doute que ces vieux quartiers ne perdurent longtemps, tout à comme à Shanghai. C’est pourtant le charme (bon, en mettant les poissons à l’écart) et la mémoire (là aussi on peut évincer les poissons) de la Chine. Retour sur mes pas, direction : le Victoria Peak ! Le trajet en tram ne dure que 10 minutes, mais quelle montée ! La pente doit atteindre 45° et on se demande comment ce trame quelque peu vétuste arrivé à hisser tout le monde jusqu’en haut.

DSC04330Je découvre alors avec bonheur une vue d’ensemble de HK. Maman, toi qui aime les buildings, tu aurais été ébahie devant cette vue. Au dessous de la végétation du Victoria Peak se dressent les innombrables buildings du Financial District. La mer qui les sépare de la presqu’île de Kowloon semble être en activité constante, avec un nombre incroyable de bateaux transportant touristes et marchandises.DSC04324


Je décide de faire le tour du pic. Le sentier est goudronné et facile, et on pénètre dans une végétation complètement tropicale, avec des bananiers, des lianes, et des plantes aux feuilles immenses. Pendant un moment, on ne distingue rien d’autre tant la végétation est luxuriante. Seul le bourdonnement incessant et étouffé de la ville nous rappelle l’existence de la vie urbaine quelques mètres plus bas.

DSC04320La balade dure une petite heure, avec de nombreuses trouées offrant de merveilleuses vues sur différents points de la ville. Il est déjà 18h30, et je décide d’attendre le coucher de soleil pour avoir un aperçu de nuit. A cette heure-ci, HK change de visage. Au fur et à mesure que la lumière du soleil s’amenuise, celles des buildings s’allument. Et lorsque l’obscurité est totale, les buildings brillent de tous leurs feux, comme pour prouver à l’Asie tout entière sa réussite économique. Si on oublie un instant les dépenses électriques considérables que cela engendre, on ne peut qu’être bluffé par cet extraordinaire ouvrage de l’homme.

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Je reprends tranquillement le tram pour redescendre (à pic !) vers le centre, puis retourne à Kowloon en ferry, de manière à prolonger le plaisir de cette vue, depuis la mer cette fois.

HK = Shopping

Je suis loin d’être une mania du shopping et pourtant, pour ne pouvez pas savoir ce que j’ai pu dépenser à HK ! Sous prétexte de prix cassé (sorties d’usine de grandes marques et produits détaxés), en fait,DSC04421 on dépense 4 fois plus.

Samedi, après avoir passé ma matinée à courir à droite à gauche pour mes billets d’avion, je décide de rester à Kowloon pour l’après-midi. Après avoir longtemps flâné dans l’immense Ladies Market sans rien acheter (n’est-ce pas que je suis raisonnable ?), je tombe par malheur sur une boutique esprit (sortie d’usine) sur mon chemin du retour. Mon portefeuille s’en trouve allégé, mes bras alourdis…

Les buildings font leur show

DSC04433A la limite de la presqu’île de Kowloon, faisant face à l’île centrale de HK, se trouveDSC04436 l’avenue des stars, remake asiatique de la célèbre allée des empreintes, à Los Angeles. Donc après avoir vu les traces de Steven Spielberg, mais aussi de Donald Duck et R2D2 à Hollywood, me voilà en train de contempler les empreintes de Jackie Chan et… autres personnalités asiatiques. Je me suis vite rendue compte que ma culture était à (re)faire… Comparé à la vue d’ensemble du Victoria Peak, celle-ci offre un aperçu plus retreint, mais plus impressionnant sur les buildings, du fait de leur proximité. Et depuis l’Avenue of Stars, tous les soirs à 20 h, on peut assister à la symphonie des sons et lumières la plus belle au monde (dixit le Guinness World Records).

DSC04462Me voici donc assise sur la rambarde, les pieds suspendus au-dessus de l’eau, à attendre le fameux spectacle. A 20 h précise, le show commence. A une succession de morceaux de musique aussi variés les uns que les autres, s’accordent les effets de lumière de chacun des buildings. C’est absolument stupéfiant ! Même si le choix des musiques est parfois un peu kitsch, la synchronisation et la variété des effets est incroyable ! J’ai particulièrement adoré le remix de James Bond. Imaginez un peu, une tour haute de 415 mètres qui scintille sur le tadadadadadada tadadada (enfin bref vous connaissez la chanson), comme si James en personne (oui je peux l'appeler par son prénom, on est très intime) se faufilait d’un étage à un autre… Le spectacle se termine et l’ avenue se vide peu à peu. Je la quitte à mon tour pour rejoindre ma Guesthouse… pour une nuit de 12 heures ! Je crois que j’avais besoin de sommeil.

L’île de Lantau, ou l’autre visage de HK

Je souhaitais me rendre à Macao, ancienne concession portugaise au sud de HK, mais j’ai réalisé (heureusement à temps) que le passeport était nécessaire, l’île appartenant à le Chine. Qu’à cela ne tienne, ce sera l’île de Lantau !

DSC04469Cette île appartenant à Hong-Kong est accessible par métro, et elle est aujourd’hui très célèbre en Chine… car c’est la dernière planque de Mickey et ses amis (alias Disneyland, au cas où le message n’était pas suffisamment clair). Je m’y rends plutôt pour voir Bouddha, enfin, sa réplique, et les pittoresques petits villages de pêcheurs.

Après un assez long trajet en métro, je décide de prendre le téléphérique pour rejoindre Ngong Pin. Riend’extraordinaire, si ce n’est de voir les étendues de verdures, en comparaison des étendues de béton de l’île centrale.

DSC04495DSC04489Après un petit tour du temple (joli, avec ses inimitables statues kitchissime et ses fidèles brûlant de l’encens), je pars à l’assaut du plus grand Bouddha d’Asie. Bon, à l’assaut, j’exagère. Le nombre de marche est nettement plus accessible que celui des Montagnes Jaunes. En revanche, ici, il faut slalomer entre les fideles qui montent les marches… à genoux, en priant à chacune d’entre elle !

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La statue est effectivement impressionnante mais j’avoue qu’elle ne m’émeut pas plus que ça. Je m’attarde un peu pour admirer la vue. Bouddha n’est pas bête, il a bien choisit sa place : autour de lui s’étend la montagne et ses forêts, et l’on distingue au loin la mer et ses nombreux îlots.

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DSC04521Je redescends pour prendre un bus qui me mène justement sur la côte, dans le petit village de Tai O. Ses petites ruelles sont en fait un immense marché quotidien foisonnant de monde. Chaque étal propose son lot de poissons, moules et autre choses non identifiées séchés. Etrangement, l’odeur est moins forte que je ne l’aurai imaginée…


Un peu partout entre les marchands, des vendeurs DSC04527improvisent des mini barbecues. Je me demandais comment consommer ces produits de la mer séchés, voilà ma réponse ! Ils sont en fait grillés et accompagnés d’une sorte de sauce. Bon, je me suis dit que je n’étais plus à une bizarrerie culinaire près. J’ai donc courageusement testé. Papa, je sais que tu aurais aussi tenté… Après avoir longuement hésité, je désigne mollement à ce qui a dû être (dans sa folle et heureuse jeunesse) un poulpe. Le barbecue man l’attrape (en même temps, ce n’était pas difficile, il n’était plus en état de se débattre), et le passe sous le grill. Il patiente le temps nécessaire (l’homme, pas le poulpe), et le découpe agilement en pièce, à la manière d’un artiste. Et me voilà avec mon… heu… met. Je porte donc un morceau à ma bouche et mastique. Et mastique. Et mastique encore, puis avale finalement tout rond parce que le goût n’est vraiment pas agréable. Bon, au moins, j’aurai essayé !

Je continue ma promenade dans ce tout petit village. Les habitats sont un ensemble de tôles accolées, d’un joli bleu, et ils sont maintenus en équilibre instable au-dessus de l’eau au moyen de pilotis ? Le tout à un charme fou, et on à peine à imaginer la vie incroyablement urbaine à quelques kilomètres de là. Finalement, on ne peut pas connaître complètement HK si l’on n’a pas visité ces coins-là.

DSC04541Le bus qui me mène sur le chemin du retour fait tout un détour pour éviter le cœur montagneux. Je réalise alors à quel point l’île est sauvage. A part quelques immondes constructions de bord de mer, tout n’est que forêt et plage quasi déserte. Ce même HK qui possède une des densités de population les plus importantes au monde…

De retour sur la presqu’île de Kowloon, je flâne un peu dans un marché de nuit extrêmement animé mais très semblable au Ladies Market. Puis je m’attable dans un petit resto de fruit de mer qui semble fort sympathique. Cette fois, les poissons et autres coquillages n’étaient pas séchés, mais bien vivants – et donc frais.

J’en profite pour me régaler d’une bonne platée de sortes de bulots. Mes parents, mon frère, et la Bretagne team ne seront pas étonnée…


Visa et HK Historial Museum

Réveil assez tôt le lundi matin et 1er objectif : récupérer mon visa. J’expérimente le métro de HK aux heures de pointe, et me sens très légèrement touriste en short et converse au milieu de ces costumes et tailleurs.

Arrivée devant le bâtiment, je réalise la chance que j’ai eue.

  1. C’est la première fois qu’il commence à pleuvoir depuis mon séjour
  2. A peine déjà 9h, et une très longue file d’attente trépigne déjà. N’étant venue que pour récupérer (enfin, je l’espère) mon passeport, je passe directement et court-circuite la queue.

Bon, comme pour faire durer le suspens un peu plus longtemps, j’apprends au dernier moment qu’on ne peut régler en liquide uniquement. Je ressors de l’immeuble, galère avant de trouver un distributeur (sinon ce ne serait pas drôle), stresse lorsque je réalise que j’ai déjà effectué beaucoup de retraits ces jours-ci, donc je ne suis pas sûre que celui-ci soit accepté, puis finalement, tout s’arrange. Liquide en poche, je retourne récupérer mon passeport.

Libérée d’un poids, je décide d’aller visiter un musée sur l’histoire de HK. Mouai. Bon, c’est bien parce qu’il pleuvait ! Je reconnais qu’il est fournit et complet d’un point de vue historique. Mais le sens de la visite n’est pas clair (pour les sous-douées comme moi), et j’avoue avoir été peu passionnée les us et coutumes des anciennes ethnies de HK. Ha bon, ils étaient agriculteurs ou pêcheurs ! En revanche, les périodes plus récentes comme les occupations successives anglaise, japonaise puis chinoise m’ont beaucoup plus intéressée.

Je termine donc mon séjour sur cette note culturelle, avant un long retour pour Shanghai. Après 3h de bus, 1h de retard pour l’avion (j'ai beau m'y attendre, je ne m’y habitue toujours pas), me voilà de retour chez moi. Encore imprégnée de la magie de ce « pays » hors du commun.

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20 juillet 2009

Voyage d'affaire à Guangzhou

Alors le titre, c’est vraiment pour me la jouer. Mais je suis effectivement partie à dans le sud de la Chine pour le travail.
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Le départ
Lundi, Michael (mon 2ème boss) m’annonce que cette fois-ci, c’est bon, l’évènement Chine Mobile est vendredi et que je dois partir jeudi à Guangzhou (2h en avion de Shanghai). Oui, parce qu’il faut savoir que ça fait déjà 2 fois que je devais partir, mais à chaque fois, l’événement a été reporté pour je ne sais quelle raison. Et là, ça ne pouvait pas tomber plus mal puisque c’était LA semaine où je faisais refaire mon visa touriste. J’explique mon problème à Michael qui me dit que c’est inconcevable que je n’y aille pas, mon nom est déjà sur tous les flyers et les bannières. Ha bon ? Je suis ultra célèbre sans le savoir ? Bref, je dois m’y rendre, même s’il faut y aller en train (qui ne nécessite pas de carte d’identité).
Bon. Je regarde avec ma collègue Vicki les horaires, et là je découvre que le trajet en train dure au minimum… 18 h ! Je suis tout de suite très motivée pour résoudre mon problème de visa rapidement… Je galère donc, j’appelle plusieurs fois l’agence pour leur expliquer et finalement j’apprends qu’il n’y a pas de soucis. Dans ce genre de cas, on nous délivre un papier se substituant au passeport. Bon, je ne suis pas totalement confiante, mais si je peux éviter les 18h de train… Problème résolu (enfin, c’est ce que je croyais), je réserve les billets d’avion et je pars jeudi. Comme l’événement n’est que le vendredi, j’en profiterai pour y rester le week-end pour visiter.
(Cliquer sur le lien pour situer Guangzhou ! http://maps.google.fr/maps?hl=fr&tab=wl&q=guangzhou)
Me voilà donc dans le taxi, où j’indique très fièrement en chinois au chauffeur que je me rends à l’aéroport. Après mes mésaventures pour me rendre à Pékin, j’ai immédiatement demandé à ma prof de chinois comment dire « aéroport »… Je me rends au comptoir d’enregistrement et tend mon fameux papier. Ouf, il est effectivement accepté et j’esquisse un sourire… qui s’efface très rapidement quand j’apprends que l’avion a 1 heure de retard. J’atterris finalement à Guangzhou à 19h.
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Guangzhou, me voici !
En fait, comme d’habitude, je n’ai pas vraiment réussi à avoir des informations précises sur l’événement pour lequel je viens. Je sais juste que je dois présenter un PowerPoint sur des généralités autour du vin, puis conduire une dégustation. L’événement débute le lendemain en début d’après-midi, et est sponsorisé par China Mobile. Je réfléchis à tout ça dans le bus qui me mène au centre-ville.
Une fois arrivée, j’appelle comme convenu David, le commercial responsable de la région de Canton, qui doit venir me récupérer pour me mener à mon hôtel. « J’arrive dans 15 min » me dit-il dans un anglais très approximatif, tout comme dans nos échanges d’emails. Pfiou, je sens que la communication va être difficile. Ce n’est rien de dire que ça l’a été… 45 minutes d’attente + debout avec 36°C à l’ombre (que je n’ai pas trouvée) + 1 Marion très fatiguée et énervée plus tard, David arrive enfin. A 21h, je n’ai pas dîné, mais je ne rêve que d’une douche et d’un bon lit. Malheureusement, on part retrouver des distributeurs pour dîner. Mais le repas s’avère très bon, et je goûte pour la 1ère fois du véritable riz cantonais ! Et oui, Guangzhou se situe dans la région de Canton, bien connu pour sa nourriture locale et… les guerres d’opium (çà je n’ai pas testé par contre…) !
A minuit, alors que je lutte pour garder les yeux ouverts, enfin le repas s’achève et on reprend la voiture. J’explique alors à David que j’aimerai bien lui monter ma présentation demain matin, pour qu’on la puisse modifier si nécessaire. A non. On la regardera ce soir. Avec le directeur de l’hôtel qui sponsorise aussi l’événement et qui nous attend. A minuit ? Non. A 1h30. Car l’hôtel en question se situe à plus d’1h de Guangzhou. Dois-je préciser que le trajet s’est déroulée dans un brouillard de fumée, David fumant cigarette sur cigarette ?
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1h30 : arrivée à l’hôtel
1h40 : je leur montre ma présentation
1h40 – 2h00 : grosse dispute entre David et le directeur de l’hôtel (qui s’appellera définitivement comme ça puisque je n’ai jamais compris son nom). Je demande alors timidement si quelque chose ne va pas avec ma présentation. « Non non, c’est juste que je viens de découvrir le planning de demain et que ça ne va pas du tout ! Je n’aurai jamais dû travailler avec cette personne ! ». Ha oui, mais ça mon coco, tu aurais pu le réaliser avant. Pas là, maintenant, à 2h du matin.
2h00 – 2h30 : poursuite de la dispute. Je m’endors vaguement, bercée (ou pas) par le nuage de fumée.
DSC040622h30 : David le demande si je souhaite dîner. J’ai du faire une telle tête ahurie qu’il éclate de rire et me dit que je souhaite peut-être me coucher. Non, tu crois ?
2h40 : me voilà enfin dans ma chambre qui est immense avec un grand salon et 2 chambres. Je prends une douche glacée (je n’ai jamais compris comment marchait l’eau chaude dans cette salle de bain) et m’effondre dans mon lit. Je suis très agréablement réveillée par des coups de marteaux à 8h00 qui ne m’empêcheront pas de me rendormir, tellement j’ai encore besoin de sommeil. Puis j’ai le temps, on s’est donné RDV à 10h pour le petit-déjeuner.
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10h : réveil en sursaut par la sonnerie stridente du téléphone. Evidemment, mon réveil n’a pas sonné et David m’attend depuis un moment déjà.
10h05 : pas du tout réveillée, je me retrouve face à une soupe de nouilles au curry – petit-déjeuner chinois + un David au comble du stress. J’ai donc le droit à un discours d’une demi-heure sur l’importance de cet événement pour lui et les distributeurs, le rôle capital que je vais avoir à jouer et le poids qui repose sur mes épaules. Ha d’accord. Et c’est censé me mettre à l’aise tout ça ? D’autant plus que je ne vois pas en quoi ma petite présentation va changer le monde, mais bon. Je lui demande alors qui va assurer la traduction de ma présentation en chinois. Comme il ne comprend pas très bien l’anglais, je répète 3 fois la question. « C’est moi ! » m’annonce-t-il fièrement. Haaaa, ça va être super.
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China Mobile Event – et le paradoxe d’une mauvaise communication
DSC04057Nous nous rendons ensuite à 15 min de l’hôtel, dans la salle où a lieu l’événement. A midi, rien n’est encore préparé… Bon, j’attends dans un coin pendant que les organisateurs s’affairent à installer chaises, tables, bannières… Un immense panneau rouge indique en chinois le nom de l’événement. Et, tiens, c’est étrange, je vois inscrit « MARC GARCLA ». C’est drôle, presque comme Marc Garcia, mon directeur de DNO à Toulouse. Je demande à David qui est cet invité. « Mais c’est toi ! » me dit-il exaspéré. Ha oui ? Et pourquoi m’appelle-t-il Marion depuis le début ? Il me montre alors le diplôme de l’œnologie que je lui avais envoyé à sa demande. Ha oui, effectivement, il y a écrit que M. Marc Garcia décerne le diplôme à Melle Marion Bastien… David a donc confondu les deux noms. Et encore, le mauvais nom n’a même pas été retranscrit correctement ! Donc, très cher directeur du DNO, vous aurez eu l’honneur d’avoir votre nom sur un panneau géant et tous les flyers d’un événement en Chine dont vous ne soupçonnez même pas l’existence. Laurène, tu aurais été là, on aurait bien rit. Mais là j’avoue que j’étais agacée qu’on m’explique que la réussite de l’événement reposait sur moi, alors que l’organisation en amont était catastrophique…
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Enfin, le moment de la présentation arrive. J’avais beau demandé à David qu’on s’entraîne ensemble avant, il avait décrété que ce n’était pas nécessaire. Oh, comme on aurait dû ! Devant au moins 80 personnes, mes explications sur la manière de conserver, servir et déguster le vin étaient ponctuées de « Sorry, I didn’t understand, can you repeat please ? » au lieu de la traduction chinoise… Heureusement (ou malheureusement), quelques invités venaient à notre secours et me servaient de traducteur.
On pourrait penser que l’événement fut une catastrophe. En fait, les lacunes en anglais de David ont été compensées par ses talents d’animateurs, et il a su jouer sur les faiblesses organisationnelles en jouant sur l’auto dérision et l’humour. Au final, les gens ont beaucoup rit, beaucoup bu (ceci entraînant sans doute cela…) et bien mangé. Bref, les convives ont eu l’air de passer un moment nettement plus agréable que moi, et David a semblé être satisfait de la journée.

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Vers 20h, on part dîner dans un restaurant typique. Mmm, je meurs de faim, et j’ai lu que Canton était réputé pour sa cuisine à vapeur, tout ce que j’aime. On retrouve des amis et s’installe comme d’habitude, autour d’une grande table ronde avec un plateau tournant. Et là, horreur, je pense que c’est le pire des repas chinois que j’ai eu jusqu’à présent ! J’ai eu le droit à un défilé de plats au serpent, aux têtes de poisson et à différents type de viande étrange, comme des têtes d’oiseaux laqués ou les indémodables pieds de poulet. La bonne nouvelle c’est que, cette fois, personne n’a insisté pour que je goûte à tout. Je n’ai juste pas pu échapper au gâteau au poulet sucré au goût… très étrange. J’ai tout de même assisté à une scène très drôle. Je pose une question à David qui, comme souvent, ne me comprend pas. Il me regarde d’un air interrogatif avec des gros yeux et… une tête d’oiseau avec le bec ouvert qui dépasse de sa bouche. C’est étrange, je n’ai plus rien mangé après !
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Après cette journée mouvementée, je suis heureuse de rentrer à l’hôtel pour prendre une bonne douche (froide) et dormir un peu. Le lendemain, c’est le directeur de l’hôtel qui m’amène à la gare de bus pour retourner à Guangzhou. C’est bien, maintenant j’arrive un peu à communiquer en chinois. Enfin, unilatéralement. Je parle, on me comprend, on me répond, je ne comprends pas. Mais bon, j’ai pris l’habitude de faire un signe de la tête du genre « Ha oui, d’accord », en priant pour que ce ne soit pas une question.
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Tourisme !
Les 1h30 de bus passent rapidement. Les paysages qui défilent sont vraiment beau. Les étendues de bananeraies alternent avec de jolis cours d’eau et des maisons rustiques pleines de charme.
Je trouve tant bien que mal l’auberge que j’ai réservée pour passer la nuit. Enfin, où je pensais passer la nuit. Arrivée à la réception, je tends mon papier substitut du passeport, avec lequel j’ai pu sans problème prendre l’avion… mais qui n’est pas accepté par la réceptionniste ! J’avoue être entièrement fautive. Après l’erreur de Hangzhou, j’aurai pu penser à prendre une photocopie de mon passeport… Et cette fois, mon interlocutrice est loin d’être conciliante. Elle m’explique qu’exceptionnellement, elle accepterait des photocopies de mon passeport pour les scanner. Et là, illumination, je réalise que j’ai les documents sur ma boite mail ! Je lui explique donc qu’il suffit de les récupérer et de les enregistrer sur l’ordinateur, mais non. Elle préfère des photocopies pour les scanner PUIS les enregistrer sur l’ordinateur. Sinon, on ne respecte pas les « règles ». Et allez savoir pourquoi, elle a refusé de les imprimer depuis l’auberge. Pourtant non violente de nature, il m’a pris une soudaine envie de la gifler, mais je me suis dit que ce n’était pas bon pour les relations franco-chinoise – et encore moins pour avoir un endroit où dormir le soir.
Bon, je vais passer les détails, mais sans cybercafé à 40 km à la ronde, j’ai eu quelques difficultés pour trouver un endroit où imprimer mon passeport… Je tombe finalement sur une agence de voyage où là jeune chinoise qui y travaille est d’une patience infinie pour régler les problèmes successifs de 1. Internet 2. Le site de gmail temporairement inaccessible et 3. L’imprimante qui a décidé d’être capricieuse. Alors que j’essaye de comprendre pourquoi je suis si malchanceuse, LA feuille finit par sortir de l’imprimante.
Retour à l’auberge, autre réceptionniste à qui je dois de nouveau tout réexpliquer et –miracle !- j’obtiens la clef du dortoir. Je dépose vite fait mes affaires et part enfin faire du tourisme.
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Le marché de Quingping – Le marché aux jades – Le marché des Antiquités
L’immense marché de Quingping s’étend sur un ensemble de ruelles où toutes les échoppes se ressemblent. S’y amoncellent divers grands sacs en toiles dont la contenance est assez originale ! Des produits plutôt classiques (thé, épices) côtoient des choses nettement moins appétantes comme des serpents et hippocampes séchés (censés être aphrodisiaques), des os de toutes sortes et des lézards aplatis comme des crêpes ! J’avoue ne pas avoir rapporté de souvenir…
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DSC04098Je traverse ensuite le marché aux jades où les artisans travaillent avec minutie laDSC04101 pierre de jade. Des stands à n’en plus finir présentent un ensemble de bijoux, pendentifs et autres, finement polis.
Je passe assez vite au travers du marché aux antiquités. Il regorge d’un nombre incroyable de bibelots qui s’amoncèlent les uns sur les autres… Je ne me suis pas forcée à ne rien acheter…

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La vieille ville et le nouveau Guangzhou
Je me pers ensuite dans de très jolies ruelles bordés d’arbres étranges, où de longue tiges pendent des branches, comme on en voit en Afrique. Les façades sont en briques rouge ou grise et abritent une vie communautaire très joyeuse !
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Puis je tombe sur une rue nettement plus moderne et commerçante, où tous les magasins rivalisent avec leur promotion et tente d’attirer les jeunes clients par leur très forte musique techno. Petit décalage avec la rue précédente !
DSC04083Pause-déjeuner dans une vieille institution recommandée par le guide du routard. L’ambiance est typiquement chinoise : bruyant et enfumée mais aussi très vivante et joyeuse. Je commande des vapeurs + une excellente spécialité locale : du riz et de laDSC04091 viande cuits à l’étouffée dans une feuille de lotus. Bon, j’avoue que lorsque j’ai porté ce met à ma bouche, ma voisine de table m’a regardée horrifiée et m’a expliquée que la feuille de lotus ne se mangeait pas…
Je passe ensuite devant une pharmacie avec une fois encore ces belles armoires et ses multitudes de tiroirs en bois, et des vitrines de présentation qui ventent les vertus (enfin, ça j’imagine, ça reste écrit en chinois !) des hippocampes et autres lézards séchés.
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Le jardin des bonzaïs
DSC04120Après n’avoir jamais trouvé le temple des ancêtres de la famille Chen, n’y même un simple bar où m’assoir un moment, j’atterris dans le jardin des bonzaïs. Après le bruit et la cohue de la ville, ce petit parc est une bénédiction. Je pensais à tort que le bonzaï était une invention japonaise. Ce sont en réalité les chinois les inventeurs (comme beaucoup d’autres choses) et les japonais l’ont seulement mis à la mode. Dommage, le jardin manque d’information, comme l’âge des arbres ou le nom de l’espèce. Mais c’est un plaisir de voir ces racines tortueuses et ces branches finement taillées. J’en profite pour m’accorder une pause dans la maison du thé qui borde le lac du parc. Après 5 h de marche, mais pieds revivent un peu…
La cérémonie du thé est toujours magique. La serveuse apporte un plateau et déposeDSC04135 les feuilles de thé dans une petite coupe. L’eau chaude y est ensuite versée sur tout le plateau, théière et coupe incluses, qu’on vide ensuite. Le 1er thé sert à rincer et aseptiser le matériel… Je déguste donc mon thé vert, en observant la table voisine. Quatre chinois, très concentrés, jouent aux cartes. C’est un côté que j’aime beaucoup en Chine : les jeux sont très appréciés, que ce soient les cartes ou les jeux avec des pions, et cela constitue toujours l’événement. On trouve toujours un groupe de badauds qui encerclent et soutiennent les joueurs.
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L’île Shamian
Il est trop tard pour visiter un temple, donc je rentre doucement vers l’île Shamian, où se situe mon auberge. Cette ancienne concession franco-britannique est le quartier le plus calme de Canton. C’est une petite presqu’île qui abrite de grandes esplanades entourées de verdure, et où beaucoup de cantonais viennent se détendre. Certains font du tai-chi, d’autres se défoulent au badminton, un des sport nationaux avec le ping-pong.
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L’architecture est bien différente de celle du centre-ville. Ici, se dresse de très belles maisons du style victorien ou du 2nd Empire (merci le guide du routard pour les détails techniques !), assez peu restaurées, mais encore pleines de charme. On y trouve même une église !
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Je longe ensuite la rivière des perles (Zhuijiang) où beaucoup en profite pour se reposer de cette journée caniculaire… et orageuse ! Le ciel menaçait depuis un moment, et l’orage éclate juste à temps pour que je puisse m’abriter sous un pont.
Retour à l’auberge de jeunesse où je découvre avec plaisir que le dortoir pour 8 est spacieux et propre. Quelques lits seulement semblent occupés, et personne en vue, à part un fan de jeu vidéo qui décroche à peine un « Hello », sans quitter des yeux sa mini console. Je découvre la salle internet (comment ça moi aussi je suis accro ? Non, je voulais absolument connaître les résultats de ma cousine… Bravo Clairon !!!). J’y croise un couple très sympathique en début de voyage pour 1 an de tour du monde… Chanceux ! Epuisée, je file me coucher. Finalement, j’aurai mieux dormi dans l’auberge de jeunesse à 5 euros la nuit que dans la chambre luxueuse de la veille !
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Le Tombeau des Rois du Yue du Sud
DSC04154Réveil tardif puis direction le métro pour me rentre à ce musée. Rien que la façade, en grèsDSC04163 rouge, est très jolie. La suite l’est tout autant. Le tombeau ayant été creusé dans une colline, il faut d’abord grimper quelques marches, et on accède à une esplanade où un ensemble de petites pyramides en verre rappellent étrangement celle du Louvre ! L’endroit est étonnamment très facile d’accès par les maisons environnantes. Mais trop tard pour piller le tombeau : chaque pièce a été retirée pour être placée en lieu sûr à l’intérieur du musée.
La visite du tombeau est assez rapide. Le plafond est très bas, eDSC04165t un étroit couloir donne sur quatre pièces : celle du tombeau en lui-même, et les autres, lieu de sacrifices humains. Et oui ! Les esclaves du roi ont non seulement souffert toute leur vie, mais elles doivent en plus la voir abrégée pour cause de mort précoce du roi… Les cinq concubines de sa Majesté auront sans doute connue une vie plus fastueuse… mais subiront la même et sinistre destinée d’être enterrées vivantes (charmant).
Je ressors pour me rendre au musée où on été exposées tous les éléments trouvés dans le tombeau. Celui-ci étant relativementDSC04170 petit, je suis surprise de voir la quantité de pièces qu’il renfermait ! Le plus étonnant est l’habillement du corps du roi : un incroyable ensemble de 2400 pièces de jades, reliées entre elles par du fil de soie rouge !
J’avoue ne pas être une passionnée des musées – je m’ennuie assez vite. Mais ici, chaque pièce révèle une partie de la vie quotidienne de la Chine ancienne (120 av JC), et de nombreux ouvrages dévoilent la finesse de l’art asiatique de l’époque. Le musée expose notamment une série d’ornements en jade extraordinaire. C’est une pierre d’autant plus facile à travailler qu’il est impossible de la sculpter : on ne peut que la polir, d’où la nécessité d’une patience infinie…
Avec le corps du roi étaient aussi enterrés les « médicaments » qu’il prenait. Ces poudres de pierres précieuses avaient pour but de rendre immortel. Comme quoi, la peur de vieillir est intemporelle ! Bon, pour DSC04160information au cas où vous auriez voulu essayer, ces remèdes ne doivent pas être d’une efficacité redoutable : le roi est mort à l’âge de 45 ans.
Ma visite s’achève sur une étonnante exposition d’ « oreillers » de l’époque. En céramique ou en porcelaine, ils sont en accord avec l’expression chinoise « Si l’oreiller est haut, on n’a pas de soucis ! ». Pas de soucis, peut-être, mais des torticolis, ça c’est sûr !
Retour à l’auberge, le temps de déjeuner et récupérer mon sac.
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Le temple des Ancêtres de la famille Chen et le jardin des orchidées
Enfin, j’arrive à trouver le temple. Les expositions à l’intérieur n’ont que peu d’intérêt à mon goût, excepté le mobilier extrêmement raffiné destiné aux femmes célibataires. En revanche, l’architecture du temple est incroyable ! Les murs sont en briques grises, parfois surmontés de panneaux en bois sculptés. La toiture est au contraire très colorée, avec une multitude de figurines vernies qui relatent des scènes de la vie quotidienne. L’ensemble est finalement très joli et très gai ! Surtout que le temple renferme une succession de vastes cours ornées avec raffinement de vieux bonzaïs et d’arbres bien taillés.
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Comme il me reste encore du temps avant de prendre la direction de l’aéroport, je décide de faire un arrêt au jardin des orchidées. Superbe jardin à la chinoise, avec petits ponts et cours d’eau, et pavillons élégants. On se croirait presque dans la jungle africaine tant la végétation est luxuriante et tropicale ! La serre aux orchidées est malheureusement fermée (il faut le faire pour le jardin des orchidées !), mais c’est surtout en février qu’il faut la visiter.
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Le retour
Métro + petite galère pour trouver le départ de navettes pour l’aéroport. Ce n’est rien de dire que la ville n’est pas touristique ! Durant ces deux jours, même les endroits les plus visités sont vaguement indiqués par un panneau au dernier moment !
Comme j’arrive assez en avance à l’aéroport, je tente de prendre l’avion d’avant. Aucun problème, tiens, c’est mon jour de chance. Passage au portique – je réalise que j’ai une série de produits liquides dans mon sac. Tout passe inaperçu. Décidemment, je suis vernie. Jusqu’à ce que j’arrive dans la salle d’embarquement : 1h30 de retard ! J’aurai dû m’en douter. A l’allée, à mon arrivée, quand j’ai expliqué à David que mon avion avait 1h de retard, il m’a juste répondu « ho ça va, tu t’en sors bien » !
Retour tardif mais sans encombre à Shanghai. J’aurai peut-être eu un séjour professionnel raté, mais mon week-end touristique était réussi !
Album photo à venir !

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04 juillet 2009

Petites anecdotes chinoises - la série des "Quand"

Quand il est impossible de donner un âge
Mais quel est donc le secret des chinoises ? C’est simple, elles ont toutes l’air incroyablement jeune… Par exemple, j’ai appris avec surprise que mes collègues n’avaient pas dans les 24 ans, mais plus de la trentaine ! C’est étonnant. Non seulement elles n’ont pas la moindre trace de ride (bon, quand même à 80 ans on commence à en voir), mais leur physique renforce cette idée, puisqu’elles sont en générale petites et toute mince.

Quand la peau la plus blanche possible est un critère de beauté
207_308_skin_whitening_cream_asiaDe la même façon qu’en France on essaye d’avoir al peau la plus mate possible, en Chine, c’est exactement l’inverse. Vous n’avez jamais vu les maquillages de Geisha, avec un fond de teint d’une blancheur incroyable ? Bon, la mode d’aujourd’hui n’est pas extrême au point de mettre une bonne couche de fond de teint blanc, mais tout est fait pour être le moins bronzé. Comment ? Tout est bon à prendre ! Les ombrelles sont de rigueur, et dès qu’un rayon de soleil paraît, les parapluies sont de sorties ! Et même s’il fait 35°C dehors (température moyenne pour le moment… Il paraît que ce n’est pas grand-chose comparé à la suite), on essaye de se couvrir le maximum. Bon, il n’empêche que les mini shorts sont très fréquents, mais il n’est pas rare de voir une femme complètement couverte.
Mais ce n’est pas tout. On utilise bien des crèmes auto-bronzantes en Europe. Et bien, de la même manière, il existe ici des crèmes blanchissantes ! Un marché très juteux d’ailleurs, et l’objet de l’essentiel des publicités des magazines féminins. J’ai déjà acheté par erreur de la crème Nivea pour le corps blanchissante. Je m’en suis aperçue à la fin du port, et j’avoue ne pas avoir remarqué de différences flagrantes…

Quand il est nécessaire (?) de porter des bas
Il y a quelque chose qui m’échappe dans la mode chinoise. Bon, les talons aiguille je peux comprendre, les vêtements flashy et à paillettes aussi. Par contre, les bas ?! Je vous explique, ici, toutes les filles portent des bas. Normal vous allez me dire. Oui, sauf qu’ici, c’est tout le temps, et avec tous types de chaussure ! Depuis que l’été est là, on voit donc apparaître short, jupes, tongs et sandalettes… Avec des bas ! En plus, ce sont des mi-bas qui s’arrêtent donc à hauteur de cheville. Pas vraiment magnifique. Mais au-delà du fait que ce n’est pas très joli, qu’est ce que ça doit être désagréable ! Surtout l’été… Mumm que ça doit sentir bon quand on les retire !

Quand le comportement avec les animaux domestiques est étonnamment pire qu’aux Etats-Unis
C’est qui le petit toutou à sa maman ? Hein ? Bon, je suis assez mauvaise langue quand je parle des Etats-Unis, puisque les comportements pathologiques avec les animaux existent aussi en France… Mais c’est vrai que mon expérience en Californie m’avait notamment fait découvrir un autre monde. Celui où les chiens sont promenés en poussette (hein Lolo !).
DSC03121Je pensais que j’avais atteint le fond… Mais non ! Mais le pire, c’est que je ne me serai jamais attendu à ce genre de comportement en Chine, où le chien se retrouve dans les assiettes.
Tout a commencé lorsque j’ai croisé un chat en pleine rue. Tranquillement porté sur l’épaule de sa maîtresse, ce matou (sans doute shooté pour affronter l’humiliation), portait un sublime manteau rouge, un chapeau des années 50, et des lunettes. Si si. Bon la photo est floue parce que je n’ai pas trop osé demander au chat de poser pour moi.
Bref, je me suis dis que j’étais juste tombée sur une excentrique. Puis vient l’épisode des chiens. Tous les soirs en rentrant duDSC04009 travail, je croise les chiens. Mes voisins d’immeubles sont notamment des grands fans du relookage de leur DSC04007petite bêbête de compagnie. On a donc le joli chien aux oreilles roses, celui en manteau jaune, mais la médaille revient à celui en tutu rose, avec, attention, le verni rose assorti. La grande classe.
Mais alors imaginez si tous les chinois possédaient un chien ! En fait, avoir un animal de compagnie est très réglementé (en tous cas pour les chiens, je pense qu’il n’y a pas de problème pour les poissons rouges, tritons, et fourmis de compagnie), et il faut payer Tongli__79_très cher pour avoir un chien. Et les sorties sont très policées aussi…DSC04008 Certaines heures seulement, et grosse amende si Monsieur Wafwaf décide de jouer les prolongations pour un petit pipi supplémentaire.
Quand ce qui est du chien version nourriture, en fait, cela est de moins en moins fréquent à Shanghai. Et les heureux propriétaires de ces bêtes à poil avouent être outrés de ces comportements.

Quand les chinois sont superstitieux
Chose très amusante, notamment avec les chiffres. On a par exemple tous les nombres incluant des 8 qui sont porte-bonheur, et à l’inverse, tous les nombres comprenant des 4 portent malheur. Cette dernière superstition est facile à cerner. 4 en chinois se prononce sì, qui est très proche du mot « mort ». D'où le fait qu’on évite ce chiffre.
Bon vous allez me dire, tout le monde a ses chiffres qui portent bonheur ou malheur, mais ce qui est fou, c’est les proportions que ça prend ici. Tout d’abord, le prix des numéros de téléphone ou plaque d’immatriculation varient énormément selon qu’ils comportent un 4 ou un 8. Bon, j’avoue avoir fait attention en choisissant mon numéro…
DSC03177Ensuite (encore plus fou à mes yeux), dans de nombreux immeubles, les étages 4, 14, 24… n’existent tout simplement pas ! Ci-contre une petite photo prise dans l’ascenseur de mon immeuble… Le jour où j’ai enfin compris pourquoi ces étages n’existaient pas, ça a changé ma vie. Bon j’exagère un peu, mais j’étais passée par toutes sortes d’hypothèses avantYu_Garden__15_ ça : ont-ils mal installés les chiffres ? Ce sont des étages fantômes ? …
Certaines superstitions peuvent avoir des conséquences sur l’architecture ! En effet, de nombreux ponts piétons ne sont pas droits, mais vont enchaîner une série d’angle à 90°C. Pourquoi ? Parce que les mauvais esprits ne peuvent aller que tout droit…
Je suis sûre qu’il y a de nombreuses autres anecdotes de ce type, et je compte bien sur la suite de mon séjour pour les connaître…

Quand on est amoureux…
DSC03632

On s’habille pareil ! Et oui, se tenir par la main n’est sans doute pas une preuve suffisamment démonstrative pour les couples chinois donc… ils s’habillent de la même façon ! Si si. Bon, je vous rassure, si la fille porte une jupe, le garçon ne l’imite pas, mais il portera au moins le même T-shirt. Ou encore plus kitch, ils vont porter des T-shirt « complémentaires ». Par exemple, si le t-shirt de la fille porte le début d’une phrase ou d’un dessin, celui du garçon représentera la suite. C’est beau l’amour. Ou pas.

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03 juillet 2009

moi_petite

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25 juin 2009

Quand l’expression « parler chinois » prend tout son sens

Comme je prends des cours depuis 2 mois maintenant, je vous fais part de mes petites remarques sur cette langue (très) étrangère.
Tous les jeudis je prends donc 2h de cours avec une autre française, Sophie. Notre prof, Laura, est une jeune chinoise d’une trentaine d’année très sympa, et qui parle très bien anglais. Ha oui parce qu’histoire d’ajouter un peu des difficultés supplémentaires, j’apprends une nouvelle langue dans une langue étrangère. Bon ça va, l’anglais n’est pas la langue que je maîtrise le moins mais ça reste perturbant pour mon pauvre cerveau qui, déjà a un peu de mal en temps normal mais qui là ne sait plus s’il doit raisonner en français ou en anglais.

Bref, le chinois, c’est une langue vraiment passionnante à apprendre. Grâce au Pinyin, il est possible de parler la langue sans connaître les signes chinois. C’est un procédé qui transcrit chaque signe en notre alphabet. C’est d’ailleurs grâce à ça que les chinois peuvent utiliser leur ordinateur et envoyer des SMS. Vous imaginez un clavier de téléphone avec tous les signes chinois ? Ca ferait quand même beaucoup touches (3000 signes différents au moins, sachant que les chinois les plus instruits connaissent 6000 signes différents)…

La majeure difficulté de cette langue est finalement la prononciation. Avec 4 tons différents, j’ai encore du mal à saisir la différence… Et pourtant, ça change complètement le sens du mot ! (D’ailleurs les mots en chinois dans les phrases à suivre seront sans accents.)

Heureusement, à côté de ça, c’est très honnêtement une langue assez abordable. Il n’y a aucune grammaire, aucune conjugaison et pour le temps, il suffit de rajouter « le » (prononcer leua) pour mettre un verbe au passé, et « yao » pour le futur.
Et le mieux, c’est tout ce qui est chiffre et date. Connaissez les chiffres jusqu’à 10, vous saurez compter jusqu’à 99.
Pour les dates, il suffit de savoir les mots « mois », « jour » et « semaine » pour pouvoir dire n’importe quelle date. Et oui ! On a donc :
Janvier = Mois 1
Février = Mois 2…
Décembre = Mois 12 !
De même pour les jours (lundi = semaine 1, mardi = semaine 2…)

D’ailleurs concernant les jours de la semaine, petit détail amusant. En français, on parle bien du lendemain voir du surlendemain. Et bien en chinois on a :
Aujourd’hui = jintian
Demain = mingtian
Surlendemain = houtian
Sursurlendemain (!) = dà houtian
Sursursurlendemain (!!!) = dà dà houtian
En général j’ai déjà décroché au surlendemain…

Bon, le problème, c’est que même en France je suis encore obligée de compter sur mes doigts pour savoir que Juin est le mois n°6, Août le mois n° heu… 8… Mais bon, dans l’idée, c’est très malin !

De plus, c’est une langue très imagée, très poétique. Les exemples sont nombreux… L’avion est en fait feiji, la machine qui vole. Le téléphone portable est la machine-main, le parfum, l’eau à la bonne odeur…
Ce qui rend aussi plus facile l’apprentissage ! Il suffit de connaître le mot électrique (dian), pour avoir la racine de tous les mots faisant référence à un appareil électrique : diannao = le cerveau électrique = ordinateur, dianhua = l’électricité qui parle = téléphone, dian deng = l’électrique lumière = lampe...

Les signes chinois
Même si j’ai décidé de passer outre les signes chinois, j’essaye quand même de connaître les plus basiques : nom, mois, jour, année. Cela m’a d’ailleurs bien servit quand je me suis retrouvée aux urgences un samedi soir pour accompagner une amie qui avait une varicelle carabinée (qui s’est avéré être en fait une réaction très violente à un produit chimique inconnu… rassurant). Il se trouve que dans un hôpital chinois, on trouve des docteurs chinois (bon ça c’est normal), qui ne parle pas 1 mot d’anglais ! On s’est retrouvé devant la réceptionniste qui nous donne un formulaire… On a très fièrement réussi à remplir les bases !!!
Bref, pour en revenir aux signes, c’est passionnant. Il y en a plusieurs sortes : ceux qui font référence à un son, d’autres à une image, d’autres à rien du tout.
Les plus intéressants sont ceux dérivant d’une image. On a par exemple le mot femme (nü), dont le signe représente de manière schématique une femme qui porte son enfant sur les genoux. Le mot bon (hao 好), est l’association de signe femme et celui de l’homme, car il est bon pour une famille d’avoir une fille et un garçon.
Ou encore les mots mois (yué 月) et date (ri prononcez ju 日) qui dérivent respectivement d’un dessin schématique de la lune et du soleil qui se lève.


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